La Collégiale

La Collégiale Saint Vincent

« Collégiale » , l’appellation découle du fait que cette église, en raison de l’importance de sa communauté paroissiale et de ses ressources matérielles, était dotée d’un collège (collegium) de prêtres, appelé chapitre (capitulum). Le Chapitre a duré de 1318 à 1789 pour être supprimé à la Révolution Française. C’est le pape français Jean XXII (Jacques Duèze) qui créa en 1318 le Chapitre de Montréal. La composition de ce Chapitre était de quinze chanoines, trois hebdomadiers, vingt‑trois chapelains (prêtres), deux diacres, deux sous‑diacres, six clercs, huit enfants de chœur.

Le monument se découvre en premier lieu depuis la Place Saint Vincent.
Au milieu de la façade, orientée au sud, le grand portail aux nombreuses sculptures dont la finesse ressort dans la masse presque austère de la Collégiale paraît dater de la fin du quatorzième ou du quinzième siècle.

A droite du portail, le clocher octogonal dont les niveaux successifs montrent que cette construction s’est faite à des époques différentes.

Remarquable, la gargouille à la tête d’un contrefort, qui a été noyée dans la masse du clocher. Ces ajouts n’ont pu être datés, mais il est vraisemblable que la partie qui dépasse le chevet du chœur de l’église est postérieure au dix‑septième siècle.

La partie gauche de la façade sud, les corbeaux au dessous des vitraux, le puits, à sa droite un arc de décharge ogival, la façade ouest (fond de l’église) et son portail d’entrée, la tour échauguette octogonale au nord-ouest,  la tour poivrière au sud-ouest, tous ces éléments plus anciens et plus marqués par le temps appartiennent à une primitive église, au moins du douzième, peut‑être même du onzième siècle. En effet, le roi de France, Philippe III le Hardi, en 1273, donna l’autorisation à la Communauté d’agrandir et d’élargir l’église parce qu’elle était « très étroite » (minus arcta). Sous le porche une admirable broderie de pierre et un grand vantail de bois clouté, récemment restauré, avec ses pentures et ferrures d’origine qui, probablement, sont antérieures aux Guerres de Religion (fin du seizième siècle), dont la Collégiale eut tant à souffrir.

A l’intérieur, une nef unique caractéristique des églises du Midi de la France, dont l’élégance tient à des proportions harmonieuses : cinquante‑cinq mètres de long, vingt‑deux mètres de large (en tenant compte de la profondeur des chapelles) et vingt‑deux mètres de haut, depuis le pavement jusqu’aux clés de voûte. L’église, entièrement revêtue de motifs polychromes au pochoir d’une grande diversité, était au dix‑septième siècle peinte à la chaux et les vitraux étaient de verre blanc. La voûte de la nef ne comportait pas de croisées d’ogives entre les arcs doubleaux et la charpente de la toiture était apparente. Ainsi, les rosaces visibles de l’extérieur pouvaient éclairer le vaisseau. Ce supplément de lumière explique l’absence de vitraux sur le mur nord de la Collégiale.

Sous les dalles de pierre du pavement reposent des milliers de montréalais de toutes conditions. Les noms de plus de mille d’entre eux sont connus, ainsi que l’endroit exact de la nef où ils sont inhumés . Les chanoines étaient eux enterrés dans le chœur de l’église.

Le chœur, dont l’aspect actuel date du début du dix‑huitième siècle, était à l’origine au même niveau que la nef, et il était éclairé par sept grands vitraux de même longueur. Une première transformation a eu lieu en 1349 par la construction de trois chapelles logées dans les contreforts du chœur. La chapelle centrale, au fond du chœur, est dissimulée derrière le grand tableau peint. L’autel central et les deux autels latéraux, à droite celui de la Sainte Vierge, à gauche celui de Saint Michel sont en marbre polychrome de belle facture. Dans le chœur proprement dit, où se réunissaient les membres du Chapitre, soixante‑six stalles sur une double rangée, finement sculptées et ornées des blasons des membres notoires du Chapitre. Au dessus des stalles, sept grands tableaux du peintre toulousain Despax (1755), tous consacrés à la vie et au martyre de Saint Vincent, diacre martyrisé en 301, en Espagne à Valence. Saint Vincent est le patron et le protecteur de la paroisse de Montréal. Au milieu du chœur des chanoines trône un grand lutrin en bois sculpté fabriqué à Toulouse vers 1820.

Tous les vitraux actuels de la Collégiale sont du dix‑neuvième siècle. Le vitrail central du chœur réunit Saint Dominique et saint François d’Assise. Saint Vincent, Patron de la Paroisse, est représenté dans la rosace qui surmonte le portail d’entrée.

Les deux chapelles de Saint Michel et de la Sainte Vierge, ainsi que les deux autres chapelles qui les jouxtent dans la nef, sont du dix‑huitième siècle. Toutes les autres chapelles ont été aménagées au dix-neuvième siècle.

La chaire placée à gauche du grand portail est le plus vieil élément de la Collégiale, tout ayant été détruit à la fin du seizième siècle lors des Guerres de Religion. Elle a été construite par un sculpteur bourguignon Pierre Noirot, mort en 1630 à Montréal. Le panneau central en bois sculpté représente le Christ Roi, et, de part et d’autre, les évangélistes : Mathieu, Marc, Luc et Jean. La cuve est supportée par un aigle doré aux ailes déployées et six corps de serpents à la tête d’hydre.

Au fond de l’église, un grand tableau de Badin (1840), représente le miracle des Epis Sanglants avec Saint Dominique. A droite, la chapelle des apparitions de la Vierge. A gauche, la chapelle des Fonts Baptismaux où un Diable au rictus épouvantable soutient avec peine (symbole évident) la cuve baptismale. Dans cette même chapelle, à l’abri d’une grille, un splendide dais en bois doré, unique dans toute la région, et qui servait aux processions de la Fête Dieu dans les rues du village.

Et, en dernier, mais pas le moindre des intérêts de la collégiale, supporté par le jubé construit tout exprès au début du dix-huitième siècle, le grand orgue dont le clavier attire régulièrement les doigts agiles de maîtres réputés

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